Le crypto interdit Myanmar, une interdiction officielle de toute activité liée aux cryptomonnaies imposée par la junte militaire depuis 2021. Cette interdiction fait partie d’une stratégie plus large pour contrôler les flux financiers et isoler la population des réseaux mondiaux. Mais contrairement à la Chine, où l’interdiction est totale et appliquée avec force, au Myanmar, la loi existe sur le papier… mais pas dans la vie réelle.
Les transactions P2P, des échanges directs entre particuliers sans intermédiaire, souvent via des applications comme Telegram ou WhatsApp sont devenues la norme. Des milliers de personnes utilisent l’USDT, une stablecoin liée au dollar américain, souvent utilisée comme refuge contre l’inflation et la dévaluation de la kyat pour payer les salaires, acheter des médicaments, ou envoyer de l’argent à l’étranger. Le Bitcoin, bien que moins utilisé que l’USDT, reste un symbole de liberté financière pour ceux qui veulent échapper au contrôle étatique. L’interdiction n’a pas arrêté l’adoption — elle l’a simplement poussée dans l’ombre.
Les autorités ne peuvent pas suivre toutes les transactions, surtout quand elles passent par des réseaux décentralisés, des VPN, ou des applications de messagerie chiffrées. Les échanges comme Binance ou KuCoin ne sont pas accessibles directement, mais les gens utilisent des comptes étrangers, des comptes bancaires ou des portefeuilles cryptos détenus à l’étranger, souvent gérés par des proches vivant à l’étranger pour contourner les restrictions. Certains paient même des « frais de passage » à des intermédiaires locaux qui gèrent les conversions entre kyat et USDT en espèces.
Ce n’est pas une question de technologie — c’est une question de survie. Dans un pays où les banques sont sous contrôle militaire, où les retraits sont limités, et où l’inflation frôle les 50 %, la crypto n’est pas un investissement. C’est une alternative à un système qui a échoué. Ce que vous trouverez ici, ce ne sont pas des guides pour trader, mais des témoignages réels, des analyses des risques, et des descriptions précises de ce que vivent les utilisateurs de crypto dans un pays où posséder une clé privée peut vous valoir une amende, une arrestation, ou pire. Ce n’est pas une tendance. C’est une révolte silencieuse, codée en blockchain.
Malgré une interdiction totale depuis 2020, le marché cryptographique souterrain du Myanmar prospère grâce à des réseaux communautaires, des échanges P2P et une résistance financière. Bitcoin et USDT deviennent des outils de survie pour des millions de citoyens.
sept., 2 2025