La Travel Rule UE, une règle de transparence imposée aux services de crypto pour suivre les transferts d'argent entre utilisateurs. Aussi appelée Règle de voyage, elle oblige les échanges et fournisseurs de services crypto à collecter et transmettre les informations sur l'expéditeur et le bénéficiaire dès qu'un transfert dépasse 1 000 euros. C’est pas une suggestion. C’est une loi. Et elle entre en vigueur progressivement dans toute l’Union européenne depuis 2024, avec un calendrier strict pour les plateformes.
Cette règle est une partie du MiCA, le cadre réglementaire global de l’UE pour les actifs crypto. Markets in Crypto-Assets, qui vise à protéger les investisseurs tout en limitant le blanchiment d’argent. Elle s’inspire de règles déjà existantes dans la finance traditionnelle, mais adaptées au monde des cryptos. Ce qui change, c’est que maintenant, même si vous envoyez 1 500 euros en Bitcoin ou en USDT, l’échange doit savoir qui vous êtes, et l’échange destinataire doit aussi connaître votre identité. Pas de secret. Pas d’adresse publique anonyme comme avant.
Ça impacte directement les utilisateurs. Si vous utilisez un échange régulé comme HTX ou Binance, vous avez déjà dû vérifier votre identité. Mais si vous utilisez un DEX ou un service P2P, la règle ne s’applique pas encore — sauf si vous passez par un intermédiaire régulé. Et c’est là que ça se complique : les plateformes comme WOOFi ou ViteX, qui permettent des swaps sans KYC, vont devoir intégrer des solutions pour rester conformes. Sinon, elles risquent de se voir interdire l’accès au marché européen.
Les outils de forensic blockchain, comme Chainalysis ou Elliptic, utilisés pour traquer les transactions illégales, sont devenus indispensables pour aider les échanges à appliquer cette règle. Ils analysent les flux de crypto pour détecter les liens avec des adresses suspectes. Mais la Travel Rule ne se contente pas de traquer les criminels — elle change la nature même de la propriété des cryptos. Votre wallet n’est plus un espace privé. Il devient un point de suivi dans un système de traçabilité.
Et ce n’est pas fini. L’UE travaille déjà sur la prochaine étape : étendre la règle aux portefeuilles autonomes et aux transactions inférieures à 1 000 euros. Ce qui signifie que dans deux ans, même un transfert de 100 euros pourrait nécessiter une vérification d’identité. Certains voient ça comme une avancée de sécurité. D’autres, comme les défenseurs de la vie privée, comme ceux qui utilisent Monero ou des solutions ZK, y voient une menace pour l’essence même des cryptos.
Dans cette collection, vous trouverez des analyses concrètes sur comment cette règle impacte les échanges, les utilisateurs, et les projets qui tentent de rester indépendants. Vous verrez pourquoi des plateformes comme NexDAX ou UPEX ont disparu — elles ne pouvaient pas se conformer. Vous découvrirez comment les grandes bourses comme HTX ont adapté leurs systèmes. Et vous saurez pourquoi certains airdrops, comme ceux de RACA ou SUNI, sont devenus plus risqués : leur anonymat n’est plus compatible avec la loi européenne.
Si vous envoyez, recevez, ou échangez des cryptos en Europe, cette règle vous concerne. Pas demain. Pas dans cinq ans. Maintenant.
En 2025, les entreprises de crypto en UE doivent se conformer à des règles strictes : licence MiCA, Travel Rule sans seuil, KYC renforcé et coûts élevés. Ce guide explique ce qui est obligatoire, combien ça coûte, et comment survivre dans ce nouveau cadre.
juin, 27 2025