En 2026, utiliser un VPN pour accéder à des plateformes de cryptomonnaies comme Binance depuis la Chine n’est pas une simple question technique - c’est un acte à haut risque légal. Même si vous pensez que vous êtes juste un particulier qui veut acheter du Bitcoin, les autorités chinoises voient cela comme une violation simultanée de deux lois strictes : l’interdiction des cryptomonnaies et la restriction des outils de contournement de la censure internet. Ce n’est pas une zone grise. C’est un terrain miné.
Il n’y a pas d’exception pour les particuliers. Même les touristes étrangers ne sont pas protégés. Si vous utilisez un échange étranger via un VPN, vous êtes traité comme un citoyen chinois en matière de conformité financière. Les gains issus de ces transactions sont considérés comme des revenus illégaux. Pas de tribunal qui va vous défendre. Pas de recours. La loi ne reconnaît pas la propriété des cryptomonnaies - sauf dans des cas très rares de fraude ou de divorce, où un juge peut simplement constater qu’un actif existait, mais sans en autoriser l’usage.
Les autorités ne se contentent pas de bloquer. Elles traquent. Si vous utilisez un VPN non autorisé, vous pouvez voir votre connexion internet coupée. Votre téléphone peut être saisi pour effacer l’application. Vous pouvez être obligé de vous présenter à un poste de police pour récupérer votre appareil. Ce n’est pas une arrestation. Mais c’est un avertissement clair : vous êtes surveillé.
Il n’y a pas de loi écrite qui dit : « Il est interdit d’utiliser un VPN ». Mais il y a des décrets du ministère des Télécommunications qui interdisent les services de « contournement de la censure ». Et les autorités les appliquent de manière arbitraire. Ce qui est toléré dans une province peut être sévèrement puni dans une autre. Il n’y a pas de règles claires. Juste des conséquences imprévisibles.
La Banque populaire de Chine (PBOC), l’Administration nationale de la régulation financière (NAFR), la Commission de régulation des valeurs mobilières (CSRC), et la Police publique travaillent ensemble. Ils surveillent les flux financiers transfrontaliers. Ils analysent les transactions suspects. Ils croisent les données des fournisseurs d’accès internet avec les activités des plateformes étrangères. Si vous avez utilisé un VPN pour acheter du Bitcoin, et que vous avez transféré des yuans vers un portefeuille étranger, vous êtes dans leur radar.
Les conséquences ? Pas seulement la perte de vos fonds. Vous pouvez être accusé de « collecte illégale de fonds », de « blanchiment d’argent », ou même de « fraude financière ». Ces accusations peuvent mener à des amendes, à la confiscation de biens, ou à des peines d’emprisonnement. Les cas de prison pour simples particuliers sont rares - mais ils existent. Et ils augmentent chaque année.
Le e-CNY est le seul moyen légal d’avoir une forme numérique d’argent en Chine. Il est intégré aux applications de paiement existantes. Il est suivi en temps réel par l’État. Il n’offre pas d’anonymat. Mais il offre de la stabilité. Et il n’est pas illégal. C’est la voie que le gouvernement veut que tout le monde emprunte.
De plus, si votre connexion est interrompue pendant une transaction, votre ordinateur peut rester connecté à un serveur non sécurisé. Votre adresse IP peut être exposée. Votre historique de navigation peut être récupéré. Et si vous avez utilisé un VPN pour acheter du Bitcoin, vous avez laissé une trace numérique que les autorités peuvent retracer.
Si vous êtes en Chine, la seule option légale est le yuan numérique. Si vous êtes un étranger de passage, évitez tout transfert d’argent vers des plateformes de cryptomonnaies. Ne téléchargez pas d’applications de trading. Ne parlez pas de crypto dans les cafés. Même les discussions peuvent être enregistrées.
La Chine ne va pas assouplir ses règles. Au contraire. Elle améliore ses outils de surveillance. Elle développe des algorithmes pour détecter les transactions de cryptomonnaies même si elles passent par des réseaux masqués. La technologie avance - et elle est au service de la répression.
Vous pouvez toujours acheter du Bitcoin en dehors de la Chine. Mais si vous êtes sur le sol chinois, vous ne pouvez pas le garder, le vendre, ou l’utiliser. Et si vous tentez de le faire via un VPN, vous risquez bien plus qu’une simple perte de connexion. Vous risquez votre argent. Votre liberté. Votre avenir.
Il n’existe pas de loi qui dit explicitement « Utiliser un VPN est interdit ». Mais les autorités interdisent les services qui contournent le Mur de Feu. Les fournisseurs non autorisés sont bloqués, et les utilisateurs peuvent être sanctionnés : coupure d’internet, confiscation de téléphone, obligation de se présenter à la police. Ce n’est pas une infraction pénale systématique, mais c’est un risque réel et croissant.
Techniquement, la loi ne mentionne pas la simple détention. Mais les banques et les plateformes de paiement bloquent toute activité liée aux cryptomonnaies. Si vous avez des bitcoins sur un portefeuille, vous ne pouvez pas les transférer, les vendre, ni les utiliser pour payer. Et si vous êtes détecté, vos fonds peuvent être saisis. La possession n’est pas légale - elle est simplement inutilisable et dangereuse.
Oui. Les lois chinoises s’appliquent à tous sur le sol chinois, quel que soit leur passeport. Un touriste qui utilise un VPN pour acheter du Bitcoin peut voir son compte bancaire bloqué, son téléphone saisi, ou être convoqué par la police. La nationalité ne protège pas.
La Chine veut contrôler son système financier. Les cryptomonnaies échappent au contrôle de la Banque centrale, permettent des transferts anonymes, et menacent la stabilité du yuan. En interdisant les cryptomonnaies, elle élimine une concurrence non régulée et promeut son propre yuan numérique, qu’elle peut surveiller, limiter et orienter selon ses besoins économiques.
Non. Le yuan numérique (e-CNY) est une monnaie digitale contrôlée par la Banque centrale. Elle n’utilise pas la blockchain publique. Elle n’est pas décentralisée. Elle est traçable, limitée, et soumise à la réglementation. C’est l’opposé des cryptomonnaies comme Bitcoin ou Ethereum. C’est un outil de contrôle, pas de liberté financière.
Vous risquez : 1) la perte de vos fonds si le VPN ou la plateforme est frauduleuse, 2) la confiscation de vos actifs par les autorités, 3) la fermeture de votre compte bancaire, 4) la confiscation de votre téléphone, 5) une convocation à la police, et 6) des accusations pénales si les transactions sont jugées comme du blanchiment ou de la collecte illégale de fonds. Le risque est élevé, et les récompenses sont nulles.
Laurent Nauleau
janvier 3, 2026 AT 15:47FRANCE A L’AIR DE VIVRE DANS UNE BULLE 🤡 TOUT LE MONDE PARLE DE "LIBERTÉ" MAIS SI TU UTILISE UN VPN EN CHINE, TU ES UN CRIMINEL ?!?!?! C’EST PAS LA MÊME CHOSE QUE D’ÉCOUTER DU PUNK EN 1985 ?!?!?!?!
Nicole Roden
janvier 5, 2026 AT 14:22Je trouve que ce texte est extrêmement bien structuré et informatif. Il ne s’agit pas simplement d’un avertissement, mais d’une analyse rigoureuse des implications légales, techniques et sociales. Il est essentiel que les citoyens comprennent que la Chine n’agit pas par caprice, mais dans un cadre de souveraineté numérique. La prudence, ici, n’est pas une peur - c’est une responsabilité.
Tristan Brault
janvier 6, 2026 AT 08:16Le paradoxe existentiel de la Chine moderne : elle crée un système monétaire digital qui éradique toute forme d’aliénation financière... tout en réprimant l’idée même de décentralisation. Le e-CNY n’est pas une monnaie - c’est une extension du pouvoir étatique dans l’espace privé. On nous offre un paradis contrôlé, où l’on peut payer, mais pas penser. Où l’on peut consommer, mais pas posséder. Et nous, occidentaux, on crie "liberté" en achetant des NFTs... pendant que nos propres gouvernements surveillent nos transactions avec la même efficacité. Qui est le vrai totalitaire ?
Romain Thevenin
janvier 8, 2026 AT 07:54Je veux juste dire merci pour ce post. J’ai un ami qui vit à Shanghai et il m’a dit qu’il avait peur de parler de crypto même avec sa famille. Il a été convoqué par la police l’année dernière juste parce qu’il avait téléchargé une app de wallet. Il n’a rien fait de mal - juste eu un mauvais moment. Ce genre de répression ne se voit pas dans les médias occidentaux. On parle de "censure", mais pas de ce que ça fait aux gens en vrai. Ce n’est pas juste un "risque juridique" - c’est un traumatisme quotidien. Et on devrait le dire plus souvent.