Restrictions sur le banking crypto levées aux États-Unis : les changements de 2025
févr., 22 2026
Le 24 avril 2025, la Réserve fédérale a annoncé une décision qui change tout : les restrictions imposées aux banques américaines pour offrir des services liés aux crypto-monnaies ont été levées. Ce n’est pas une simple ajustement. C’est un retournement complet de politique. Depuis 2022, les banques devaient demander la permission avant même de penser à proposer des services de garde, de stablecoins ou de validation de nœuds blockchain. Désormais, elles n’ont plus à le faire. Plus de notification préalable. Plus d’approbation formelle. Plus de délai d’attente de plusieurs mois. Les banques peuvent simplement agir - à condition de bien gérer les risques.
Qu’est-ce qui a changé exactement ?
Avant 2025, trois règles principales bloquaient les banques :
- SR 22-6 (2022) : Obligeait les banques membres des États à informer la Réserve fédérale avant de lancer toute activité en crypto.
- SR 23-8 (2023) : Exigeait une approbation écrite avant toute activité liée aux tokens en dollars.
- FIL-16-2022 (FDIC) : Imposait une notification préalable aux banques assurées par la FDIC.
Tout ça, c’est fini. Le 24 avril 2025, la Réserve fédérale a annulé ces deux lettres de supervision. Le Bureau de la Comptabilité (OCC) avait déjà agi en mars : il a retiré la lettre d’interprétation 1179, qui interdisait aux banques nationales de gérer des actifs crypto sans approbation. La FDIC a suivi le 28 mars, en disant clairement :
« Vous pouvez faire des activités crypto sans notre accord, tant que vous maîtrisez les risques. »
Pourquoi cette décision a-t-elle été prise ?
Les régulateurs ne sont pas devenus fous. Ils ont juste reconnu une réalité : les banques n’avaient pas les outils pour agir, et les règles anciennes faisaient plus de mal que de bien. En 2022, après les faillites de FTX et Terra, les autorités ont réagi par la prudence. Mais en 2025, elles ont vu que cette prudence devenait un frein. Les banques n’osaient pas investir, recruter ou développer des produits. Les équipes techniques étaient bloquées par des processus bureaucratiques. Les clients, eux, allaient vers des plateformes spécialisées comme Coinbase ou Kraken - et non pas vers leur banque traditionnelle.
L’OCC a dit clairement :
« Notre équipe de supervision connaît maintenant bien les crypto-actifs. Nous n’avons plus besoin de demander aux banques de nous prouver qu’elles sont prêtes. » C’est un tournant. Les régulateurs ont cessé de traiter les crypto-monnaies comme une menace unique. Ils les traitent maintenant comme une technologie financière - comme les paiements en ligne ou les virements automatisés.
Que peuvent faire les banques maintenant ?
Désormais, les banques nationales et les banques assurées peuvent :
- Gérer des portefeuilles de crypto-monnaies pour leurs clients (service de garde).
- Conserver des réserves en stablecoins (comme USDC ou USDT) pour des paiements ou des transferts.
- Participer à des réseaux de nœuds blockchain pour valider des transactions.
- Offrir des services de conversion entre dollars et crypto à leurs clients.
Ces activités ne nécessitent plus d’autorisation spéciale. Elles sont traitées comme n’importe quel autre service bancaire - avec la même supervision régulière. Si une banque fait une erreur, elle sera sanctionnée, comme pour un prêt mal géré. Mais elle n’a plus à demander la permission avant de commencer.
Qu’en est-il des autres crypto-actifs ?
Attention : cette libéralisation ne s’applique pas à tout. Les banques ne peuvent toujours pas :
- Detenir des bitcoins ou des ethereum sur leurs bilans (hors services de garde pour clients).
- Prêter des crypto-monnaies (comme un prêt en BTC).
- Créer leurs propres tokens ou stablecoins.
Ces activités restent dans une zone grise. Les régulateurs ont dit qu’ils travaillent avec le Groupe de travail du Président sur les marchés des actifs numériques pour émettre de nouvelles lignes directrices. Ce n’est pas fini. Mais ce qui a changé, c’est que les banques peuvent maintenant avancer sur les parties claires du terrain. Elles peuvent construire des produits pour les clients, tester des modèles, et apprendre en pratique - sans être bloquées par la bureaucratie.
Quels impacts sur le marché ?
Les banques américaines n’attendaient que ça. En 2024, moins de 12% des grandes banques proposaient des services crypto. En 2025, ce chiffre pourrait doubler d’ici la fin de l’année. JPMorgan, Bank of America, Wells Fargo - toutes ont des équipes prêtes à lancer des services. Elles ont déjà développé des systèmes internes, embauché des experts, testé des partenariats. Elles attendaient simplement le feu vert.
Les entreprises de crypto comme Coinbase ou Kraken ne vont pas disparaître. Mais elles vont devoir rivaliser. Pourquoi un client irait-il chez Coinbase s’il peut acheter du BTC directement depuis son application bancaire, avec la même sécurité, la même interface, et sans frais supplémentaires ?
Les frais de transaction pour les transferts de crypto vont baisser. Les services de paiement en crypto vont se développer. Les comptes bancaires pourraient bientôt afficher un onglet « Crypto » à côté de « Épargne » ou « Courant ».
Quels risques restent ?
Les régulateurs n’ont pas supprimé les règles de sécurité. Elles sont toujours là. Les banques doivent :
- Respecter les lois anti-blanchiment (AML).
- Appliquer les règles de connaissance du client (KYC).
- Protéger les données des clients.
- Garantir la stabilité de leurs systèmes.
Si une banque fait un mauvais choix - par exemple, en stockant des stablecoins sans réserve adéquate - elle sera sanctionnée. Mais elle ne sera pas arrêtée avant même d’essayer. C’est la différence entre une interdiction et une supervision intelligente.
Qu’est-ce que ça change pour les particuliers ?
Pour vous, ça veut dire :
- Vous pourrez acheter, vendre ou stocker des crypto-monnaies directement depuis votre application bancaire.
- Les frais seront plus bas - les banques n’ont pas besoin de facturer comme les plateformes spécialisées.
- Vous aurez un seul endroit pour gérer vos dollars, vos crypto, et vos épargnes.
- Les services de paiement en crypto (par exemple, payer un loyer en USDC) deviendront courants.
Les banques ne vont pas tout offrir d’un coup. Mais elles vont commencer par ce qui est simple : la garde de stablecoins, la conversion dollar/crypto, et les transferts rapides. Dans deux ans, vous pourriez ne plus vous demander si vous devez utiliser une app crypto ou votre banque. Vous utiliserez les deux - ensemble.
Et les banques d’État ?
C’est un point crucial. Avant 2025, les banques d’État (non fédérales) étaient bloquées par les règles de l’OCC. Si une banque nationale ne pouvait pas faire quelque chose, alors une banque d’État non plus. Maintenant que l’OCC a levé ses restrictions, les banques d’État peuvent aussi agir - à condition que leur État le permette. Le Texas, la Floride, et la Californie ont déjà annoncé qu’elles adapteraient leurs lois pour permettre ces activités. Ce n’est qu’un début. Dans les mois à venir, la plupart des États suivront.
Qu’est-ce qui vient ensuite ?
Les régulateurs disent qu’ils continueront à travailler ensemble. Ils vont peut-être émettre de nouvelles lignes directrices sur les prêts en crypto, les jetons non fongibles (NFT), ou les systèmes de paiement basés sur la blockchain. Mais cette fois, ils ne partent pas d’une position de peur. Ils partent d’une position de confiance. Ils savent que la technologie est là. La question n’est plus : « Est-ce qu’on le permet ? » Mais plutôt : « Comment on le fait bien ? »
Les banques peuvent-elles maintenant détenir des bitcoins sur leurs bilans ?
Non. Les banques américaines ne peuvent toujours pas détenir des bitcoins, des ethereum ou d’autres crypto-monnaies non stables sur leurs propres bilans. Elles peuvent seulement les gérer pour leurs clients (service de garde). Cela signifie que vous pouvez stocker vos BTC dans un portefeuille géré par votre banque, mais la banque elle-même ne les garde pas comme actif. Cette restriction reste en place pour éviter les risques de volatilité sur les fonds propres des banques.
Est-ce que cette décision concerne toutes les banques aux États-Unis ?
Oui, mais avec des nuances. Les banques nationales (sous l’OCC), les banques membres de la Réserve fédérale, et les banques assurées par la FDIC sont toutes concernées. Les banques d’État doivent aussi s’adapter, mais elles doivent vérifier que leur État a mis à jour ses lois. La plupart le feront rapidement, surtout dans les États avec un fort écosystème crypto comme le Texas ou la Californie.
Quelle est la différence entre une stablecoin et une crypto-monnaie comme le Bitcoin ?
Une stablecoin est une crypto-monnaie liée à une monnaie fiduciaire, comme le dollar. Par exemple, USDC vaut toujours 1 dollar. Le Bitcoin, lui, n’a pas de lien avec une monnaie réelle et peut fluctuer de 20% en une journée. Les régulateurs autorisent les banques à gérer les stablecoins parce qu’elles sont plus stables et plus faciles à surveiller. Le Bitcoin reste trop volatil pour être intégré directement dans les bilans bancaires.
Pourquoi les banques n’ont-elles pas fait cela plus tôt ?
Parce que les règles étaient trop lourdes. Entre 2021 et 2024, les banques devaient demander l’approbation de trois agences différentes, remplir des formulaires complexes, et attendre des mois pour une réponse. Beaucoup ont choisi d’abandonner plutôt que de se battre contre la bureaucratie. Maintenant que ces obstacles sont levés, elles peuvent avancer rapidement.
Est-ce que cette décision rend les crypto-monnaies plus sûres ?
Pas directement. Mais elle rend les services bancaires liés aux crypto-monnaies plus sûrs. Les banques sont soumises à des normes très strictes de sécurité, de conformité et de protection des clients. Quand vous utilisez une banque pour gérer vos crypto, vous bénéficiez de ces protections - contrairement à une plateforme indépendante. C’est la différence entre une maison avec alarme et un entrepôt vide.