Pakistan classé 3e-4e mondial dans l'adoption de la crypto : comment et pourquoi ça marche

Pakistan classé 3e-4e mondial dans l'adoption de la crypto : comment et pourquoi ça marche

mars, 13 2026

En 2025, le Pakistan est devenu l’un des tout premiers pays au monde à adopter les cryptomonnaies - pas comme un phénomène de mode, mais comme une réponse pratique à des problèmes économiques réels. Selon le rapport Chainalysis de octobre 2025, il occupe la 3e place mondiale en matière d’adoption de crypto, juste derrière l’Inde et les États-Unis. D’autres études, avec des méthodes différentes, le placent même en 4e position. Ce n’est pas un hasard. C’est le résultat d’une transformation radicale, d’un changement de politique, et d’une population qui a choisi la technologie pour survivre.

Comment le Pakistan est passé de l’interdiction à la leadership

Il y a seulement quelques années, le Pakistan interdisait complètement les cryptomonnaies. En 2018, la Banque du Pakistan avait déclaré que les devises numériques n’étaient pas légales et avait interdit aux entreprises de traiter ces actifs. Ce blocage total a duré des années. Mais en 2024, tout a changé. Les gens avaient déjà commencé à utiliser les cryptos en secret - pour envoyer de l’argent à la famille à l’étranger, pour protéger leurs économies contre l’inflation, pour acheter des biens quand les banques refusaient de coopérer. La pression populaire a forcé le gouvernement à réagir.

En juillet 2025, le Pakistan a créé l’Autorité pakistanaise de régulation des actifs virtuels (un organisme officiel chargé de superviser les cryptomonnaies, les stablecoins et les blockchains en Pakistan). En même temps, il a mis en place le Council Crypto Pakistan (un groupe de coordination entre l’État, les entreprises privées et les experts internationaux), dirigé par Bin Saqib. Ce n’était pas une simple déclaration. C’était un changement de système. La loi n’était plus un obstacle - elle devenait un cadre.

20 millions de Pakistanais utilisent la crypto - et ça change tout

Aujourd’hui, environ 20 millions de Pakistanais - soit près de 9 % de la population - possèdent des actifs numériques. Leur valeur totale est estimée entre 20 et 25 milliards de dollars. Pour comprendre l’ampleur, comparez : la moyenne mondiale d’adoption en 2024 était de 6,9 %. Le Pakistan la dépasse largement. Et ce n’est pas parce que les gens spéculent sur le Bitcoin. C’est parce qu’ils en ont besoin.

Les stablecoins (des cryptomonnaies liées à des devises stables comme le dollar américain, utilisées pour éviter la volatilité) sont le vrai moteur. Les travailleurs pakistanais à l’étranger - en Arabie Saoudite, aux Émirats, au Malaysia - envoient des milliards de dollars chaque année à leur famille. Avant, les transferts prenaient des jours, coûtaient cher, et étaient souvent bloqués par les banques. Maintenant, ils utilisent USDT (Tether) ou USDC. En quelques minutes, l’argent arrive. Pas de commission exorbitante. Pas de paperasse. Juste une transaction numérique.

Les familles utilisent aussi les cryptos pour sauvegarder leurs économies. Avec une inflation qui a atteint 38 % en 2024, la roupie pakistanaise a perdu près de la moitié de sa valeur en deux ans. Beaucoup ont mis leur argent dans des stablecoins. C’est plus sûr que de garder des roupies sous le matelas. C’est plus accessible que d’acheter des dollars physiques, souvent impossibles à obtenir.

Un billet de roupie décomposé avec des yeux et une bouche hurlante, envahi par des portefeuilles crypto comme des insectes.

Pourquoi la position du Pakistan varie selon les classements

Certains rapports placent le Pakistan en 9e position. D’autres en 3e. Pourquoi cette différence ? Parce que chaque étude mesure quelque chose de différent.

Chainalysis, le leader mondial en analyse de blockchain, se concentre sur le vrai volume d’argent reçu - pas sur le nombre de personnes qui ont un portefeuille. Il prend en compte les transactions via les exchanges, les protocoles décentralisés, et même les paiements entre entreprises. Avec cette méthode, le Pakistan brille : les transferts de crypto y sont massifs, réguliers, et utilisés dans la vie quotidienne.

D’autres études, elles, mesurent le taux de propriété : combien de personnes ont ouvert un portefeuille, même si elles n’ont pas encore utilisé l’argent. Avec cette méthode, des pays comme le Nigeria ou l’Indonésie montent plus haut - parce qu’ils ont des populations très jeunes et une forte curiosité technologique. Mais si personne n’utilise réellement la crypto, ça ne change pas grand-chose.

Le Pakistan, lui, a réussi les deux. Il a une forte adoption et une utilisation active. C’est rare.

Les pays qui l’entourent : qui est devant, qui est derrière ?

L’Inde (leader mondial depuis 2023, avec plus de 100 millions d’utilisateurs actifs et une régulation en pleine évolution) reste en tête. Mais le Pakistan est en train de la rattraper à grande vitesse. L’États-Unis (2e en 2025, grâce aux ETFs crypto et à l’acceptation institutionnelle) a gagné deux places, mais son taux d’adoption par habitant est bien plus bas que celui du Pakistan.

Le Vietnam (un des leaders en Asie du Sud-Est, avec une culture d’investissement numérique très forte) est aussi dans le top 5. Mais il a une population 10 fois plus petite. Le Nigeria (ancien 2e, maintenant 6e, en raison de réformes lentes et d’une régulation instable) a reculé. Le Ukraine (un cas unique : très haut taux d’adoption par habitant, mais faible volume total en raison de la guerre) est en 6e place dans certains classements.

Le Pakistan est le seul pays à avoir franchi le cap de l’adoption de masse sans être une économie développée. Il a fait ce que la plupart des pays riches n’ont pas encore réussi : intégrer la crypto dans l’économie réelle.

Une salle du conseil gothique où des tentacules numériques engloutissent une statue de Bin Saqib, sous des vitraux montrant des travailleurs migrants.

Les partenariats étrangers : une opportunité ou un risque ?

En août 2025, le Pakistan Crypto Council a signé un accord avec World Liberty Financial (une entreprise liée à la famille Trump, spécialisée dans la promotion du Bitcoin dans les pays en développement). Son cofondateur, Zach Witkoff, a rencontré directement le chef de l’armée pakistanaise et le Premier ministre. Ce partenariat promet d’apporter des technologies, des financements, et des outils d’infrastructure blockchain.

Mais ça inquiète certains experts. Pourquoi une entreprise américaine privée a-t-elle un accès aussi direct aux plus hauts niveaux du pouvoir pakistanais ? Est-ce que l’adoption crypto est devenue un outil diplomatique ? Est-ce que les décisions sont prises pour le bien des citoyens, ou pour plaire à un partenaire étranger ?

Le chef économiste de Chainalysis, Kim Grauer, a mis en garde : « L’adoption durable ne vient pas des partenariats avec des entreprises privées, mais de la confiance des utilisateurs. » Le Pakistan a construit sa force sur l’utilité. Il doit maintenant éviter de la transformer en spectacle politique.

Que réserve l’avenir ?

Les projections montrent que d’ici 2030, plus d’1 milliard de personnes dans le monde utiliseront le Bitcoin. Le Pakistan, avec sa jeunesse, sa population, et son infrastructure réglementaire, est bien placé pour en faire partie. Mais il ne peut pas se reposer sur ses lauriers.

Le vrai défi ? Maintenir la transparence. Éviter la corruption. Garantir que les entreprises qui gèrent les cryptos ne profitent pas du système. Former les banquiers, les policiers, les juges à comprendre la blockchain. Faire en sorte que les petites entreprises puissent aussi utiliser les outils numériques - pas seulement les grandes multinationales.

Pour l’instant, le Pakistan a prouvé une chose : quand les gens ont besoin d’une solution, ils la trouvent. Et quand le gouvernement décide de les soutenir - au lieu de les bloquer - les résultats peuvent être extraordinaires.

Le chemin n’est pas fini. Mais pour la première fois, la crypto n’est plus un outil de révolte. Elle est devenue un pilier de l’économie pakistanaise.

Pourquoi le Pakistan est-il classé 3e et non 1er dans l’adoption crypto ?

Le Pakistan est 3e selon Chainalysis parce que l’Inde et les États-Unis ont un volume de transactions encore plus élevé. L’Inde compte plus de 100 millions d’utilisateurs actifs, et les États-Unis ont des institutions financières qui investissent massivement dans les ETFs et les fonds crypto. Le Pakistan, lui, a une adoption plus large parmi la population ordinaire, mais un volume total encore inférieur à celui des deux premiers.

Les cryptomonnaies sont-elles légales au Pakistan aujourd’hui ?

Oui, depuis juillet 2025. Le gouvernement a créé l’Autorité pakistanaise de régulation des actifs virtuels, qui encadre légalement l’usage, le commerce et la taxation des cryptomonnaies. Elles ne sont pas une monnaie légale, mais elles sont reconnues comme des actifs numériques légitimes.

Quel rôle jouent les stablecoins dans l’adoption pakistanaise ?

Les stablecoins comme USDT et USDC sont la colonne vertébrale de l’adoption. Ils permettent d’envoyer de l’argent à l’étranger à moindre coût, de protéger ses économies contre l’inflation, et de faire des paiements sans passer par les banques traditionnelles. Près de 85 % des transactions crypto au Pakistan impliquent un stablecoin.

Pourquoi les Pakistanais utilisent-ils la crypto plutôt que les dollars physiques ?

Les dollars physiques sont rares, difficiles à obtenir, et dangereux à conserver. Les stablecoins, eux, sont accessibles en quelques clics, stockés sur un téléphone, et transférables instantanément. De plus, ils sont plus faciles à diviser (on peut envoyer 0,01 USDT) et ne nécessitent pas de banque. C’est plus pratique, plus sûr, et plus abordable.

Le Pakistan risque-t-il de devenir trop dépendant des entreprises américaines en crypto ?

C’est un risque réel. Les partenariats avec des entreprises comme World Liberty Financial apportent des capitaux et des technologies, mais aussi des influences externes. Si les décisions politiques sont guidées par des intérêts privés plutôt que par le besoin des citoyens, l’adoption pourrait devenir instable. Le vrai succès dépendra de la capacité du Pakistan à garder le contrôle de sa propre régulation.

10 Commentaires

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    Jesse Pals

    mars 13, 2026 AT 22:51

    C’est fou comment les gens trouvent des solutions quand les systèmes traditionnels plantent 😎
    Le Pakistan a transformé une interdiction en révolution. Pas besoin de banque, pas besoin de paperasse, juste un téléphone et un stablecoin. C’est la finance du peuple, pas celle des banquiers.
    Je suis impressionné. Pas par la technologie, mais par la débrouillardise. Des millions de gens ont choisi leur propre voie. Et ça marche.
    On parle de crypto comme d’un jeu, mais là, c’est de la survie. Du vrai, du brutal, du beau.
    Les États-Unis investissent dans des ETFs. Le Pakistan, lui, investit dans son avenir. Point.

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    James Flagg

    mars 14, 2026 AT 20:57

    Il est important de noter que l’adoption des cryptomonnaies au Pakistan résulte d’une adaptation pragmatique face à des contraintes économiques structurelles. La régulation officielle mise en place en juillet 2025 constitue un cadre légal nécessaire, mais ne doit pas être confondue avec une endorsement politique.
    La stabilité du système dépendra de la transparence des institutions de régulation et de la prévention des abus de pouvoir.

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    Quentin Bauwens-Vollekindt

    mars 15, 2026 AT 14:49

    Alors là, je suis pas d’accord. On nous vend ça comme une révolution, mais c’est juste du USDT qui remplace les hawalas. C’est pas nouveau, c’est juste plus digital.
    Et puis, qui dit que c’est pas une manipulation américaine ? World Liberty Financial ? C’est pas un truc de Trump, ça ?
    Je veux dire, un pays qui a interdit la crypto pendant 7 ans, et maintenant il signe un accord avec un type qui a des liens avec les Trump ? C’est trop beau pour être vrai.
    On a vu ça ailleurs : la technologie comme couverture pour des intérêts étrangers. Le Pakistan devrait se méfier. Vraiment.

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    Isabelle D

    mars 15, 2026 AT 19:52

    Je trouve ça tellement touchant…
    Des gens ordinaires, sans rien, qui ont pris leur destin en main. Pas avec des manifestes, pas avec des discours, mais avec un simple transfert USDT.
    Je pleure un peu en y pensant.
    La crypto, ici, n’est pas un investissement. C’est un acte d’amour. Pour les familles. Pour les enfants. Pour les mères qui attendent le salaire de leur mari à l’étranger.
    C’est de la dignité. Et ça, personne ne peut le voler.

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    Alix Centeno

    mars 16, 2026 AT 06:30

    Attendez… vous croyez vraiment que c’est une victoire du peuple ?
    Regardez les faits : en 2024, le Pakistan a reçu 22 milliards de dollars en crypto… mais combien de ces fonds sont passés par des exchanges chinois ou russes ? Combien ont été blanchis ?
    Et si je vous disais que cette « adoption » est en réalité un réseau de blanchiment masqué sous des stablecoins ?
    Les USA, l’Inde, même la Chine… ils surveillent. Ils savent. Et ils laissent faire… parce que ça leur sert.
    Le Pakistan n’est pas un leader. Il est un pion. Une passerelle. Une zone grise. Et les vrais puissants, eux, ils restent dans l’ombre. Toujours.

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    Francine Melman

    mars 16, 2026 AT 07:08

    Il est inacceptable que des citoyens utilisent des actifs numériques non régulés par la Banque centrale européenne ou le FMI pour effectuer des transferts transfrontaliers.
    Cette « adoption » est une violation des principes fondamentaux de la souveraineté monétaire.
    La roupie pakistanaise doit être protégée. La crypto est une menace systémique. Cela ne peut pas continuer ainsi.

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    LUCIE OUDOT

    mars 16, 2026 AT 21:28

    Je ne nie pas l’efficacité des stablecoins… mais il est essentiel de souligner que la notion d’« adoption de masse » est largement exagérée par les médias.
    Les chiffres de Chainalysis sont basés sur des volumes de transaction, non sur l’usage réel par les ménages.
    De plus, la création de l’Autorité pakistanaise de régulation des actifs virtuels est un acte de cooptation institutionnelle, non de libération citoyenne.
    Et le partenariat avec World Liberty Financial… c’est un piège géopolitique, point final.

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    Catherine Foucher

    mars 17, 2026 AT 22:51

    Les stablecoins, en particulier USDT, ont permis de contourner les dysfonctionnements structurels du système bancaire local, ce qui a eu pour effet de réduire les coûts de transaction de 70 à 85 % selon les données de la Banque mondiale (2024).
    Cette innovation a catalysé une transition informelle vers une économie numérique, en particulier dans les régions rurales où l’accès aux services financiers était historiquement limité.
    Le défi futur réside dans l’interopérabilité entre les plateformes régulées et les protocoles décentralisés, afin d’éviter la fragmentation du marché.

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    Rodrigue Perret

    mars 18, 2026 AT 11:40

    Vous êtes tous naïfs. Le Pakistan ? Une nation qui ne sait même pas gérer ses propres frontières, et vous voulez qu’on croie qu’elle est devenue une puissance crypto ?
    Non. C’est une manipulation. Les Américains, les Chinois, les Israéliens… ils ont tous leurs mains dans le pot.
    Et vous, vous applaudissez ?
    Je vous le dis : cette crypto, c’est une arme. Et le Pakistan, c’est la cible.
    Ne vous laissez pas berner par les beaux discours. La réalité, c’est la guerre économique. Et nous, on est en première ligne.

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    Justine Hefferin

    mars 19, 2026 AT 00:04

    La question n’est pas de savoir si la crypto a aidé les Pakistanais…
    La question est : est-ce que cela a transformé leur condition humaine ?
    Peut-on parler de libération quand l’outil de libération est contrôlé par des acteurs privés américains ?
    La crypto n’est pas neutre. Elle est une extension du capitalisme financier, déguisée en technologie.
    Et nous, nous applaudissons… comme des enfants devant un feu d’artifice.
    Le feu est beau… mais il brûle.

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