En 2025, la Chine maintient une interdiction totale de toutes les activités liées aux cryptomonnaies - et cela change radicalement la vie des détenteurs de Bitcoin, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur du pays. Ce n’est pas une simple régulation. C’est une suppression complète. Les échanges, le minage, les transactions, les services bancaires : tout est interdit. Et pourtant, malgré cette interdiction stricte, des milliers de Chinois continuent d’acheter, de vendre et de conserver du Bitcoin. Comment est-ce possible ? Et quelles sont les vraies conséquences pour ceux qui détiennent des actifs numériques ?
En 2013, la Chine a d’abord classé le Bitcoin comme une « marchandise virtuelle », pas comme une monnaie. Cela signifiait qu’on pouvait l’acheter, mais pas l’utiliser pour payer un repas ou un loyer. En 2017, le gouvernement a fermé tous les échanges locaux. Plus d’OKEx, plus de Huobi, plus de Binance.cn. Les plateformes ont dû déplacer leurs serveurs à l’étranger. En 2021, la répression s’est intensifiée : le minage de Bitcoin a été déclaré illégal. Les fermes de minage ont été débranchées. Les électriciens ont reçu des ordres de couper l’alimentation. Les machines ont été saisies. Des milliers de mineurs ont fui vers le Kazakhstan, le Canada ou le Texas. Ce n’était pas une mise en garde. C’était une purge.
Depuis, rien n’a changé. Les institutions financières - banques, sociétés de paiement, assurances - sont interdites de tout lien avec les cryptos. Aucun compte bancaire ne peut être ouvert pour stocker des Bitcoins. Aucun virement ne peut être effectué vers un portefeuille crypto. Les entreprises d’internet doivent bloquer les sites de trading et signaler les utilisateurs. Même les plateformes étrangères comme Coinbase ou Kraken ne peuvent plus servir les résidents chinois. La loi est claire : pas de crypto sur le sol chinois.
Si vous possédez du Bitcoin en Chine, vous n’êtes pas un criminel - mais vous êtes dans une zone sans loi. Le gouvernement ne vous arrête pas pour avoir des Bitcoins dans votre portefeuille. Il ne vous emprisonne pas. Mais s’il découvre que vous avez transféré des fonds vers un échange étranger, ou que vous avez utilisé des P2P pour acheter du Bitcoin, vous risquez une amende, une enquête, ou même la fermeture de votre compte bancaire. La Banque populaire de Chine a déclaré en 2024 que les cryptomonnaies ne sont pas une monnaie légale, et que toute émission ou échange de jetons est interdit. Mais la réalité est plus complexe.
Des enquêtes de terrain montrent que le trading de crypto est encore « assez courant » en Chine. Les gens utilisent des applications de messagerie comme WeChat ou QQ pour organiser des ventes P2P. Ils paient en yuan en échange de Bitcoin transféré sur un portefeuille hors ligne. Certains utilisent des VPN pour accéder à des plateformes étrangères. Les autorités surveillent, mais ne peuvent pas tout contrôler. Le système est trop grand, trop décentralisé. Les gens trouvent toujours un moyen. Mais chaque transaction devient un risque. Un simple virement de 10 000 yuans vers un échange peut déclencher une alerte de lutte contre le blanchiment d’argent.
La Chine a construit l’un des systèmes de surveillance financière les plus avancés au monde. Chaque transaction bancaire est enregistrée. Chaque transfert vers un compte étranger est analysé. Les algorithmes détectent les motifs de paiement associés aux cryptos : des transferts répétés vers des plateformes connues, des paiements vers des fournisseurs de services crypto, ou des dépôts provenant de portefeuilles associés à des échanges. Si votre compte bancaire montre des signaux suspects, il peut être gelé. Votre identité peut être vérifiée. Vous pouvez être convoqué par la police.
Le ministère de la Sécurité publique traite les cryptomonnaies comme un canal majeur de blanchiment d’argent. Les banques doivent surveiller en temps réel. Les paiements en ligne sont scannés pour des mots-clés comme « BTC », « ETH », ou « mining ». Même les transactions effectuées via des applications de paiement comme Alipay ou WeChat Pay sont contrôlées. Si vous payez un fournisseur qui vend des clés privées ou des services de stockage crypto, cela peut être considéré comme une infraction. Il n’y a pas de tolérance. Il n’y a pas de « juste un peu ». C’est tout ou rien.
Alors que la Chine interdit le Bitcoin, elle développe activement sa propre monnaie numérique : le renminbi numérique (e-CNY). Ce n’est pas une cryptomonnaie. C’est un outil de contrôle. Chaque yuan numérique est traçable. Le gouvernement sait qui l’a reçu, quand, et à quelles fins. Il peut limiter les achats, bloquer des paiements, ou même imposer des dates d’expiration. Ce système remplace les espèces, mais aussi les systèmes de paiement privés comme Alipay. Il donne à l’État un pouvoir absolu sur la circulation de l’argent.
Le renminbi numérique n’est pas une alternative au Bitcoin. C’est son contraire. Le Bitcoin est anonyme, décentralisé, hors contrôle. Le renminbi numérique est centralisé, surveillé, contrôlé. La Chine ne veut pas de monnaies libres. Elle veut une monnaie qu’elle peut éteindre d’un clic. Pour elle, le Bitcoin n’est pas une innovation. C’est une menace. Et le renminbi numérique, c’est sa réponse.
Si vous êtes un résident chinois et que vous possédez du Bitcoin, vous avez trois options - mais aucune n’est sans risque.
La vérité ? La Chine n’a pas interdit le Bitcoin pour protéger ses citoyens. Elle l’a interdit pour protéger son pouvoir. Elle ne veut pas que les gens détiennent une monnaie qu’elle ne contrôle pas. Et tant que le renminbi numérique sera son outil principal, le Bitcoin restera une menace invisible - et toujours interdit.
En octobre 2025, des messages ont circulé sur Telegram et X (anciennement Twitter) affirmant que la Chine venait d’imposer une nouvelle interdiction sur les portefeuilles personnels de Bitcoin. Des comptes financiers influents comme FirstSquawk, PolyMarket et Unusual Whales ont partagé ces rumeurs sans vérification. Des milliers de personnes ont paniqué. Les prix du Bitcoin ont chuté de 8 % en quelques heures.
La vérité ? Il n’y a eu aucune nouvelle loi. Aucun décret. Aucune annonce officielle. Ce n’était qu’une campagne de désinformation. Depuis 2016, chaque année, des rumeurs similaires apparaissent. Elles sont toujours fausses. Mais elles ont un effet réel : elles créent la peur, et la peur fait bouger les marchés. Les spéculateurs en profitent. Les petits détenteurs paniquent et vendent. Et le gouvernement chinois ? Il reste silencieux. Il n’a pas besoin de parler. Son interdiction de 2021 est toujours en vigueur. Et elle suffit.
Le Bitcoin existe en Chine - mais seulement dans l’ombre. Il n’est pas dans les banques. Il n’est pas dans les comptes. Il n’est pas dans les livres de compte. Il est dans les portefeuilles physiques. Dans les clés privées cachées. Dans les conversations privées sur WeChat. Dans les transferts P2P entre amis. Il est une monnaie fantôme : présente, mais illégale. Utilisée, mais risquée. Détenue, mais sans protection.
Les détenteurs de Bitcoin en Chine vivent dans une contradiction permanente : ils croient en la technologie, mais doivent cacher leurs actifs. Ils veulent la liberté, mais doivent vivre sous surveillance. Ils veulent conserver leur richesse, mais ne peuvent pas la convertir sans risquer tout perdre.
Le gouvernement chinois n’a pas gagné la guerre contre le Bitcoin. Il a juste rendu la bataille trop dangereuse pour la plupart. Et c’est peut-être la stratégie la plus efficace. Pas de banqueroute. Pas de révolte. Juste une monnaie qui disparaît lentement, dans le silence, dans l’ombre, dans l’attente.
Non, vous ne pouvez pas être arrêté simplement pour détenir du Bitcoin dans un portefeuille privé. La loi chinoise ne criminalise pas la possession. Mais si vous utilisez des échanges, effectuez des transactions en ligne, ou transférez des fonds vers des plateformes étrangères, vous risquez des sanctions financières, la fermeture de votre compte bancaire, ou une enquête pour blanchiment d’argent. Le simple fait d’utiliser un VPN pour accéder à un échange peut être considéré comme une infraction.
Oui. Les banques et les systèmes de paiement comme Alipay et WeChat Pay utilisent des algorithmes pour détecter des motifs de paiement liés aux cryptomonnaies. Si vous envoyez de l’argent vers un fournisseur connu pour vendre des clés privées, ou si vous effectuez des transferts répétés vers des adresses associées à des échanges, votre compte peut être bloqué. Les autorités surveillent aussi les transactions en dehors du système bancaire, comme les transferts P2P via des applications de messagerie.
Techniquement, oui - mais pas au sens où vous le pensez. Le renminbi numérique n’est pas une alternative décentralisée. C’est un outil de contrôle total. Le gouvernement peut suivre chaque yuan, limiter ses usages, ou le rendre inutilisable à une date précise. Le Bitcoin, lui, est résistant à la censure. Il ne peut pas être supprimé par une autorité centrale. Le renminbi numérique ne remplace pas le Bitcoin : il le combat. Il est la version étatique de ce que la Chine veut que l’argent soit.
Officiellement, non. La loi chinoise interdit aux plateformes étrangères de fournir des services aux résidents chinois. Les grandes entreprises comme Binance ou Kraken ont fermé leurs services en Chine en 2021. Mais beaucoup de Chinois continuent d’y accéder via des VPN. Le gouvernement bloque certains sites, mais ne peut pas bloquer tous les outils de contournement. L’application de cette loi est donc inégale. Elle existe sur le papier, mais pas toujours dans la pratique.
Rien ne suggère un changement imminent. Le gouvernement a investi plus de 10 milliards de dollars dans le renminbi numérique et a construit un système de surveillance financière sans équivalent. Il ne veut pas de monnaies décentralisées. Il veut contrôler chaque yuan. Même si la demande de Bitcoin augmente à l’étranger, la Chine ne rouvrira pas ses portes. Une possible évolution serait l’autorisation de trading sur des plateformes gouvernementales, avec KYC strict et surveillance en temps réel - mais cela resterait un contrôle, pas une liberté.
Arnaud Gawinowski
décembre 22, 2025 AT 04:21La Chine n’a pas interdit le Bitcoin parce qu’elle a peur de la technologie - elle l’a fait parce qu’elle a peur de perdre le contrôle. Ce n’est pas une question d’économie, c’est une question de pouvoir absolu. Et tant que le renminbi numérique sera leur jouet, personne ne pourra jamais échapper à leur regard. Pas même avec un Ledger caché sous un plancher.
Andre Swanepoel
décembre 23, 2025 AT 09:45J’ai un cousin à Shanghai qui garde ses BTC dans un portefeuille matériel depuis 2022. Il les a achetés en cash à un type dans un café, en échange d’un sac de riz. Personne ne sait rien. Il ne les vendra jamais. Il dit qu’il les garde comme un trésor de guerre. C’est fou, mais c’est aussi la seule façon de survivre dans ce système. Le vrai risque, ce n’est pas d’être arrêté - c’est de perdre la clé privée un jour où tu seras trop stressé pour te souvenir où tu l’as mise.
Mehdi Alba
décembre 25, 2025 AT 09:21Et si je vous disais que tout ça, c’est une mise en scène ? 🤫
La Chine ne veut pas interdire le Bitcoin - elle veut qu’on croie qu’elle l’interdit. Pourquoi ? Parce que les États-Unis et l’UE sont en train de se préparer à légaliser les cryptos sous contrôle. Et quand ça arrivera, la Chine va sortir son « Bitcoin officiel » - créé par elle, surveillé par elle, et bloqué si vous n’êtes pas fidèle au Parti. Le renminbi numérique ? C’est juste le prétexte. Le vrai jeu, c’est de faire croire que le Bitcoin est mort… pour qu’on se jette sur leur version, plus sûre, plus « fiable ». Et quand tout le monde sera dedans ? Ils pourront éteindre la lumière d’un clic. C’est pas une interdiction. C’est une piège géant.
Djamila Mati
décembre 27, 2025 AT 01:24En France, on parle de liberté financière comme si c’était un droit naturel. Mais en Chine, la liberté, c’est de ne pas être surveillé. Le Bitcoin n’est pas une monnaie pour eux - c’est une forme de résistance silencieuse. Et ce qui est tragique, c’est que les gens qui le détiennent ne le font pas pour spéculer. Ils le font parce qu’ils n’ont plus confiance. Pas dans la technologie. Dans le système.
Vianney Ramos Maldonado
décembre 28, 2025 AT 09:47Il convient de souligner, avec une rigueur académique indiscutable, que l’interdiction de l’émission et de l’échange de cryptomonnaies en République populaire de Chine constitue une mesure législative cohérente avec les principes de souveraineté monétaire établis par le Fonds monétaire international en 1977, et renforcés par les recommandations du Groupe d’action financière en 2020. La non-criminalisation de la simple détention de clés privées, bien que techniquement conforme à la loi, demeure une faille systémique susceptible d’être exploitée par des entités non autorisées. Il est donc impératif que les autorités chinoises renforcent les mécanismes de traçabilité des transactions hors système bancaire, notamment par l’intégration de l’intelligence artificielle dans les systèmes de surveillance des communications numériques privées, afin d’assurer la stabilité macroéconomique du renminbi numérique.