Interdiction de la minage de cryptomonnaies en Algérie à cause des problèmes énergétiques
janv., 13 2026
En juillet 2025, l’Algérie a adopté la loi n°25-10, une mesure radicale qui interdit tout ce qui touche aux cryptomonnaies : les échanges, la détention, la promotion, et surtout, le minage. Ce n’est pas une simple restriction. C’est une criminalisation complète. Et la raison principale ? L’énergie.
Le minage, une menace pour le réseau électrique
L’Algérie ne manque pas de soleil. Elle possède un potentiel solaire de 22 gigawatts, mais elle manque d’électricité. Pendant l’été, quand les températures dépassent 40°C et que les climatiseurs tournent à plein régime, le réseau électrique atteint 95 à 100 % de sa capacité. Et là, des mineurs ont commencé à brancher leurs machines.
Des opérations clandestines, parfois avec des dizaines de cartes graphiques, consommaient entre 15 et 20 mégawatts à l’apogée de la demande. C’est l’équivalent de la consommation de 5 000 foyers. L’entreprise nationale SONELGAZ a détecté des pics d’électricité dans des zones industrielles où les appareils ne devraient pas consommer autant. Des mineurs utilisaient des connexions privées, des VPN, pour masquer leurs activités. Mais les factures d’électricité, fortement subventionnées à 0,035 $ le kWh, rendaient le minage trop rentable pour être ignoré.
Le gouvernement a choisi de couper la source, pas de réguler. La loi n°25-10 ne parle pas de « contrôle » ou de « taxation ». Elle dit clairement : « La production et la distribution de monnaies virtuelles sont strictement interdites. » Cela inclut les petits mineurs avec un PC dans leur chambre, comme les grandes fermes dans des entrepôts.
Des sanctions sévères, même pour les possesseurs
Ce n’est pas seulement une affaire de courant. C’est une affaire de prison. La loi prévoit des peines allant de deux mois à un an de détention, avec des amendes entre 200 000 et 1 000 000 de dinars algériens (environ 1 500 à 7 700 $). Pour les récidivistes, les peines sont doublées. Et ce n’est pas une menace vide.
En août 2025, des autorités ont saisi sept machines de minage dans un appartement d’un étudiant à Oran. Sur les réseaux sociaux, des utilisateurs racontent avoir dû débrancher des fermes de 12 machines qui rapportaient jusqu’à 350 $ par mois. Le risque de perdre tout son matériel - et d’aller en prison - n’en valait plus la peine.
Ce qui frappe, c’est l’étendue de l’interdiction. Même posséder des bitcoins, les garder dans un portefeuille, ou simplement en parler sur YouTube pour expliquer comment ça marche peut être considéré comme « promotion » et puni. Des enseignants dans les universités ont commencé à éviter de mentionner la blockchain de peur d’enfreindre la loi.
Un isolement régional inédit
Dans la région MENA, l’Algérie est devenue l’exception. Les Émirats arabes unis, le Bahreïn, l’Arabie saoudite : tous ont créé des cadres légaux pour attirer les entreprises de cryptomonnaies. Les Émirats ont déjà délivré 157 licences en 2025. Le Maroc, qui avait déjà emprisonné un Français pour avoir acheté une Ferrari avec Bitcoin, n’a pas allé aussi loin.
L’Égypte interdit les échanges bancaires, mais pas la détention. La Tunisie autorise le minage avec une licence. L’Algérie, elle, interdit tout. Même les cryptomonnaies à faible consommation d’énergie, comme celles qui utilisent le mécanisme de preuve d’enjeu (proof-of-stake), sont bannies. Il n’y a pas de distinction. Une machine, c’est une machine. Un bit, c’est un bit.
Cela a un coût. Selon une étude de LinkedIn analysée par Startup Researcher, 37 % des développeurs algériens en blockchain ont quitté le pays entre 2023 et 2025. Ils sont partis vers la Tunisie, le Maroc, ou l’Europe. L’Algérie perd ses talents technologiques pour protéger un réseau électrique qui, en réalité, pourrait être utilisé autrement.
Un gaspillage d’opportunité
Dr. Leila Bencharif, professeure en technologie financière à l’Université d’Alger, l’a dit clairement : « Cette interdiction est une occasion manquée. » L’Algérie a du soleil. Elle a des zones désertiques où les panneaux solaires pourraient produire de l’électricité en excès. Pourquoi ne pas utiliser cette énergie pour miner des cryptomonnaies, au lieu de la laisser se perdre ?
Un seul bitcoin consomme environ 1 500 kWh - l’équivalent de la consommation mensuelle de 30 foyers algériens. Mais si cette énergie venait du soleil, et non du réseau national, le calcul changerait. La loi n°25-10 ne pose pas cette question. Elle interdit simplement.
L’IMF a noté dans son rapport de juillet 2025 qu’une régulation ciblée - limiter les mines à grande échelle, exiger des licences, imposer des normes énergétiques - aurait été plus intelligente qu’une interdiction totale. Mais le gouvernement a choisi la simplicité : tout interdire, tout bloquer, tout punir.
Et maintenant ?
En 2025, l’Algérie a alloué 1,2 milliard de dinars (9,2 millions de dollars) à la répression. Des unités spéciales de la gendarmerie sont formées pour détecter les pics de consommation anormaux. Les inspecteurs regardent les compteurs électriques. Ils cherchent des bâtiments qui consomment 30 à 50 % de plus que la normale. C’est une guerre contre les chiffres, pas contre les fraudes.
Les citoyens n’ont aucune alternative légale. Pas de plateforme locale. Pas de portefeuille autorisé. Pas de minage légal. Même les entreprises qui voulaient investir dans la blockchain pour des applications de traçabilité ou de contrat intelligent sont bloquées. La loi ne fait pas de distinction entre la technologie et la spéculation.
La population est divisée. Les employés des banques saluent la mesure. « Cela protège les gens contre les arnaques », dit un agent de la Banque d’Algérie. Mais 67 % des commentaires sur les réseaux sociaux critiquent l’absence de nuance. Pourquoi punir les mineurs de Litecoin alors que le minage de Bitcoin est le seul à consommer autant ?
Le futur est-il possible ?
Il n’y a aucun signe que le gouvernement va revenir en arrière. La loi est entrée en vigueur en juillet 2025, et aucune révision n’est prévue. Mais un autre document, la loi n°25-12 sur l’exploitation minière traditionnelle, a été adoptée en août. Cela suggère que le gouvernement veut encourager les mines de métaux - pas de bitcoins.
Dr. Bencharif et son équipe préparent un rapport pour proposer un modèle de minage régulé, alimenté par l’énergie solaire. Peut-être qu’un jour, l’Algérie comprendra qu’elle peut transformer son problème énergétique en opportunité technologique. Pour l’instant, les machines sont débranchées. Les mineurs sont silencieux. Et le soleil brille toujours, sans personne pour l’utiliser.
Pourquoi l’Algérie a-t-elle interdit le minage de cryptomonnaies ?
L’Algérie a interdit le minage principalement à cause de la pression sur son réseau électrique. Pendant l’été, la demande d’électricité atteint 95-100 % de sa capacité, et les opérations de minage clandestines consommaient jusqu’à 20 mégawatts - l’équivalent de 5 000 foyers. Le gouvernement a choisi d’éliminer cette source de surconsommation plutôt que de réguler. La loi n°25-10 cible aussi la stabilité financière, mais l’énergie est la raison la plus concrète et la plus urgente.
Quelles sont les sanctions pour ceux qui minent encore ?
Les sanctions sont sévères : de deux mois à un an de prison, et des amendes de 200 000 à 1 000 000 de dinars algériens (environ 1 500 à 7 700 $). Pour les récidivistes, les amendes et peines sont doublées. Les autorités peuvent aussi saisir les équipements de minage - ordinateurs, cartes graphiques, fermes entières - sans préavis. Il n’y a pas de distinction entre un mineur amateur et une entreprise.
Le minage de cryptomonnaies à faible consommation d’énergie est-il autorisé ?
Non. La loi n°25-10 interdit toute forme de minage, quelle que soit la technologie utilisée. Même les cryptomonnaies basées sur la preuve d’enjeu (proof-of-stake), qui consomment 99 % moins d’énergie que Bitcoin, sont bannies. Le gouvernement ne fait aucune distinction entre les types de minage. Toute activité de production de monnaie virtuelle est illégale.
Peut-on posséder des cryptomonnaies en Algérie ?
Non. La loi interdit non seulement le minage et les échanges, mais aussi la simple détention. Posséder des bitcoins, des Ethereum ou tout autre actif numérique, même sur un portefeuille personnel, est considéré comme une infraction. Cela rend l’Algérie l’un des rares pays au monde à criminaliser la possession passive de cryptomonnaies.
Les VPN sont-ils interdits aussi ?
Oui. La loi interdit l’utilisation des réseaux privés virtuels (VPN) pour contourner les restrictions sur les cryptomonnaies. Cela ferme une porte que beaucoup utilisaient pour accéder à des échanges en ligne ou à des portefeuilles. L’objectif est d’éliminer tous les moyens de contourner l’interdiction, pas seulement les machines de minage.
Quel est l’impact de cette loi sur l’économie algérienne ?
L’impact est négatif sur le plan technologique et économique. Plus de 37 % des développeurs en blockchain ont quitté le pays depuis 2023. Les investissements étrangers dans la technologie ont chuté. L’Algérie est passée de la 87e à la 112e place mondiale sur l’indice d’adoption des cryptomonnaies. Le pays perd des talents, des opportunités d’innovation, et pourrait manquer une chance d’utiliser son énergie solaire pour générer des revenus.
THUANE MONNIERI
janvier 13, 2026 AT 17:14Franchement cette loi c’est du délire total 😒
On interdit le minage mais on laisse les centrales au charbon tourner à 100% ?
Le soleil brille 300 jours par an et on préfère brûler du gaz pour alimenter les clim’ ?
On est dans une logique de contrôle total pas de gestion intelligente
Le gouvernement a peur de l’innovation parce qu’il ne la comprend pas
Et les jeunes qui veulent faire de la tech ? Ils s’en vont. Et ça fait plaisir à qui ?
Je préfère les Émirats où ils taxent et régulent. Ici on fait comme en 1950 🤡
andre Garcia Rubio
janvier 15, 2026 AT 00:10Je trouve ça incroyable qu’on punit les gens pour avoir utilisé leur propre électricité
Si tu as un panneau solaire chez toi et que tu mines avec, c’est pas un vol c’est une utilisation intelligente
Le vrai problème c’est que l’État ne sait pas gérer son énergie, alors il écrase les citoyens
On devrait encourager les mines solaires dans le désert, pas les bloquer
Le soleil ne demande pas de permis, pourquoi on le punirait ? 🌞
Marguerite Reilly
janvier 15, 2026 AT 23:44Je trouve ça horrible que les gens soient jetés en prison pour avoir un PC dans leur chambre
Je connais un gars à Oran qui a perdu ses 8 cartes graphiques et sa maison a été inspectée pendant 3 jours
Il a juste voulu gagner un peu d’argent pour payer ses études
Et maintenant il a peur de parler de crypto à ses amis
C’est de la terreur, pas de la loi
Christophe Pan
janvier 16, 2026 AT 02:17La vérité c’est que les Algériens sont trop naïfs pour gérer la technologie
Si on laisse les gens miner, ils vont tous se ruiner en Bitcoin et puis demander de l’aide à l’État
Et les arnaques ? Les escrocs vont se faire du blé avec des ICO bidon
Je préfère une interdiction totale à un désastre financier
On a vu ce que ça donne en Venezuela et en Argentine
Et maintenant on veut répéter la même erreur ? 🤦♂️
Juliette Krewer
janvier 16, 2026 AT 18:02Vous croyez vraiment que c’est juste pour l’énergie ?
Non. C’est une opération de contrôle total.
Le gouvernement sait que les cryptos permettent d’échapper aux banques et aux impôts.
Il veut que tout passe par lui. Tout. Vos transactions. Vos économies. Vos idées.
La blockchain est une menace pour son pouvoir.
Le soleil ? C’est juste un prétexte.
Regardez la loi n°25-12 sur les mines de métaux…
Et les militaires qui surveillent les compteurs ?
C’est une guerre contre la liberté numérique.
Et vous, vous applaudissez ? 🕵️♀️
Sylvie Verboom
janvier 17, 2026 AT 08:05La loi est absurde mais les mineurs ne sont pas des victimes.
Le minage est une activité spéculative, pas une entreprise.
On ne peut pas justifier une consommation énergétique massive pour des actifs volatils.
Si tu veux gagner de l’argent, trouve un vrai métier.
Le soleil n’est pas une source infinie de pouvoir pour tes cartes graphiques.
Et puis tu crois vraiment que les gens qui minent sont des innovateurs ?
Non. Ce sont des gars qui veulent faire du fric vite sans travail.
La loi n’est pas parfaite mais elle est nécessaire.
On ne peut pas laisser une poignée de gens consumer l’électricité de toute une ville pour un jeu de hasard.
Thibaut Weidmann
janvier 18, 2026 AT 08:50Je suis d’accord avec la loi.
Le minage c’est un gaspillage.
On a des problèmes d’électricité, des enfants qui étudient dans le noir, des hôpitaux qui coupent le courant.
Et des mecs avec 20 cartes graphiques qui font tourner des machines pour un truc qui vaut rien.
Je ne dis pas qu’il faut interdire la technologie.
Je dis qu’il faut prioriser les besoins humains.
Si tu veux miner, utilise ton énergie solaire personnelle.
Si tu n’en as pas, attends que l’État fasse les choses bien.
Le reste c’est de l’égoïsme technologique.
Laurent Nauleau
janvier 19, 2026 AT 06:32Le vrai scandale c’est que personne ne parle de la corruption derrière tout ça.
Les mêmes qui interdisent le minage sont les mêmes qui ont des contrats avec les fournisseurs de cartes graphiques.
Les machines sont achetées en Chine, passent par des sociétés offshore, et arrivent dans des entrepôts… qui appartiennent à des proches du pouvoir.
La loi n°25-10 ? C’est un coup de balai pour cacher les pots-de-vin.
Les mineurs sont les boucs émissaires.
Et les gens qui croient à la version officielle ? Ils sont naïfs ou complices.
Le soleil ne ment pas. Mais les politiques si.
Et vous ? Vous continuez à croire aux discours ? 🤫