En 2025, la cryptomonnaie n’est plus une mode ou un phénomène de niche. Elle est devenue un élément réel du système financier mondial - mesurable, observable, et surtout, répartie. Mais où les gens utilisent-ils vraiment la crypto ? Pas où les banques le disent, pas où les gouvernements le tolèrent, mais là où les individus envoient, reçoivent, et échangent des actifs numériques tous les jours. L’indice mondial d’adoption de la crypto en 2025 révèle des surprises. Ce n’est pas les États-Unis ou la Chine qui mènent, mais des pays souvent ignorés dans les grands médias.
Le gouvernement indien n’a pas légalisé la crypto, mais il ne l’a pas non plus interdite. Il a choisi de la taxer. Et cette ambiguïté a créé un terrain fertile. Les gens ne veulent pas attendre que la banque traite un virement international en 5 jours. Ils utilisent Bitcoin ou USDT. En 2025, les transferts vers des services centralisés (comme Binance ou Coinbase) depuis l’Inde ont dépassé les 27 milliards de dollars. C’est plus que le total de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni réunis.
Les données de Chainalysis montrent que les transferts institutionnels (supérieurs à 1 million de dollars) vers des services centralisés aux États-Unis ont augmenté de 142 % en un an. Ce n’est pas une bulle. C’est une transition. Le marché américain est devenu plus mature. Les régulateurs ont apporté un peu de clarté. Les entreprises ont intégré la crypto dans leurs systèmes de paiement. Et les consommateurs ont commencé à voir le Bitcoin comme un actif, pas comme une mode.
En Ukraine, plus de 17 % de la population détient de la crypto. Pourquoi ? Parce que l’ancien système bancaire s’est effondré pendant la guerre. Les gens ont appris à stocker leur argent en Bitcoin ou en USDT. Ils reçoivent des dons internationaux en crypto. Ils paient leurs factures en crypto. Ils vendent leurs biens en crypto. La monnaie locale, la hryvnia, a perdu 40 % de sa valeur en 3 ans. La crypto n’est pas une option ici. C’est une survie.
Moldova, avec seulement 2,6 millions d’habitants, est deuxième. Pourquoi ? Parce que les travailleurs émigrés en Russie et en Turquie envoient leur salaire en crypto. C’est plus rapide, plus sûr, et moins cher que les services traditionnels. La Géorgie, elle, a légalisé les portefeuilles crypto en 2023. Elle offre des visas pour les « entrepreneurs numériques ». Et les gens viennent. Beaucoup.
À Dubaï, vous pouvez ouvrir un compte bancaire en crypto. À Abou Dhabi, les impôts sur les gains en crypto sont nuls. À Jordanie, les transferts de crypto depuis l’Arabie Saoudite et l’Égypte sont massifs. Pourquoi ? Parce que les gens n’ont pas confiance dans leurs banques locales. Le système financier est opaque. Les taux d’intérêt sont élevés. La crypto, elle, est directe. Vous envoyez 1 000 $ à votre frère à Amman. En 10 minutes. Sans commission. Sans délai. Sans intermédiaire.
Ukraine est première. Moldova, deuxième. Puis Slovenie, Estonie, et Lituanie. Ces pays n’ont pas de grandes économies. Mais ils ont des cadres juridiques clairs. Ils acceptent les cryptos comme actifs légaux. Ils ont des banques qui traitent les transferts crypto sans bloquer les comptes. Et ils attirent les fonds institutionnels. Des hedge funds américains ont transféré 2,3 milliards de dollars en crypto vers des sociétés en Estonie en 2025. Pourquoi ? Parce que c’est plus simple que de passer par la Suisse ou les îles Caïmans.
La France, l’Allemagne, le Japon - ils ont des lois, mais pas de volonté politique. Les banques refusent encore de traiter les transactions crypto. Les entreprises hésitent à accepter les paiements en Bitcoin. Les citoyens le savent. Ils n’attendent pas. Ils vont où ça marche.
Le Brésil, lui, a vu son adoption augmenter de 22 %, mais il reste au 5e rang. Pourquoi ? Parce que les États-Unis et l’Inde ont grimpé plus vite. Le Brésil a un problème : la crypto est utilisée, mais pas toujours légalement. Beaucoup de transactions sont en cash, via des points de vente. Ces données ne sont pas captées par les indices. Ce n’est pas un échec. C’est une forme d’adoption invisible.
Ces chiffres ne parlent pas de spéculation. Ils parlent de transition. La crypto n’est plus un investissement. Elle est un outil. Un outil pour envoyer de l’argent, payer des factures, protéger son épargne, ou fuir l’inflation.
Venezuela, par exemple, n’apparaît pas dans le top 10. Pourtant, plus de 30 % de la population utilise la crypto pour acheter de la nourriture. Les prix sont en dollars. Les paiements sont en USDT. Les supermarchés acceptent la crypto. Les gens n’ont pas besoin d’un indice pour savoir que ça marche.
La vraie adoption ne se mesure pas par des classements. Elle se voit dans les rues, dans les marchés, dans les familles qui envoient de l’argent à leurs enfants à l’étranger. Ceux qui ont le plus adopté la crypto en 2025, ce ne sont pas les pays avec les plus grandes banques. Ce sont ceux qui n’avaient plus le choix.
Selon l’indice Chainalysis 2025, l’Inde est en tête avec plus de 100 millions d’utilisateurs, suivie des États-Unis, du Pakistan, du Vietnam et du Brésil. Ce classement reflète le volume total des transactions. Mais si on le regarde par habitant, l’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie dominent, avec plus de 15 % de leur population qui détient de la crypto.
Les États-Unis ont grimpé à la deuxième place principalement à cause des ETF de Bitcoin spot approuvés en 2024. Ces produits ont permis aux institutions, aux fonds de retraite et aux particuliers d’acheter du Bitcoin via des plateformes régulées. Les transferts institutionnels (supérieurs à 1 million de dollars) ont augmenté de 142 % en un an, ce qui a fait basculer le classement.
L’adoption par volume mesure le total des transactions dans un pays - donc les grands marchés comme l’Inde ou les États-Unis dominent. L’adoption par habitant mesure la proportion de la population qui utilise la crypto - donc les petits pays comme l’Ukraine ou la Moldavie arrivent en tête. Le premier montre l’ampleur, le second montre l’intensité.
Cela varie. En Inde, elle est légale mais taxée. Aux Émirats arabes unis, elle est entièrement régulée et exonérée d’impôt. En Ukraine, elle est reconnue comme actif légal. En Nigeria, elle est tolérée mais les banques la bloquent. La légalité n’est pas toujours synonyme d’adoption. Ce sont les besoins des gens - pas les lois - qui déterminent l’usage réel.
Parce que les données sur les protocoles décentralisés (comme Uniswap ou Tornado Cash) sont difficiles à tracer. Les indices comme Chainalysis se concentrent sur les transferts vers des services centralisés (exchanges, portefeuilles bancaires). Ils ne voient pas les transactions P2P, les paiements en cash, ou les transferts via des réseaux comme Lightning Network. Cela signifie que dans certains pays, l’adoption réelle est bien plus élevée que ce que les chiffres montrent.
Mathieu Godart
février 16, 2026 AT 14:31Je suis super impressionné par l’Inde. 100 millions de gens qui utilisent la crypto pour envoyer de l’argent à leur famille, c’est pas de la spéculation, c’est de la survie quotidienne. Les banques traditionnelles sont trop lentes, trop chères. La crypto, elle, marche. Point. Et ce qui est fou, c’est que personne n’en parle dans les médias français. On parle de Tesla ou de Bitcoin comme un jouet, mais là, c’est une révolution silencieuse. Les gens n’attendent pas les gouvernements. Ils agissent. Et ça, c’est puissant.
Marianne Adkins
février 17, 2026 AT 10:03On parle d’adoption, mais on oublie que la crypto n’est pas une technologie neutre. Elle révèle les failles du système. L’Ukraine n’a pas choisi la crypto parce qu’elle est « cool ». Elle l’a choisie parce que l’État a échoué. La hryvnia a perdu 40 % de sa valeur. Les gens n’ont pas eu le choix. C’est une forme de résistance économique. Et ça me fait réfléchir : quand on parle de progrès, on parle souvent de technologie. Mais la vraie innovation, c’est quand les gens trouvent un moyen de survivre malgré les institutions. La crypto n’est pas l’avenir. Elle est le miroir de notre présent.
Julie Pritchard
février 18, 2026 AT 17:31Ben non, mais sérieusement, les États-Unis en deuxième place ? T’as vu les chiffres ? 142 % de croissance des transferts institutionnels, c’est pas une adoption, c’est un lavage de cerveau par les banques. Les ETF, c’est juste un moyen pour les riches de se faire du bien en cachant leur Bitcoin derrière un nom joli. Et les gens qui pensent que c’est « mature », ils ont oublié que la crypto, c’est fait pour être décentralisé. Maintenant, tout est sous contrôle. Faut arrêter de croire que les institutions vont nous sauver. Elles veulent juste la contrôler. Et en Ukraine, les gens utilisent la crypto pour survivre. Là, c’est vrai. Ici, c’est du marketing.
Christine McConnell
février 18, 2026 AT 20:10Je veux juste souligner un point crucial : l’adoption par habitant est le vrai indicateur de transformation sociale. L’Inde a le volume, mais l’Ukraine a la profondeur. Quand 17 % de la population détient de la crypto, ce n’est pas un comportement de consommateur. C’est une réorientation systémique de la confiance. Les pays qui réussissent, ce sont ceux qui ont mis en place des cadres juridiques clairs ET une culture d’acceptation. L’Estonie, par exemple, a compris que la blockchain n’est pas qu’une technologie - c’est un nouveau contrat social. Et les hedge funds le savent : ils investissent là où les lois sont transparentes, pas là où les banques sont puissantes. La crypto, c’est pas un investissement. C’est une nouvelle architecture de la valeur. Et ceux qui la comprennent, ils ne regardent pas les classements. Ils construisent.
Adama keita
février 19, 2026 AT 04:16En France, on parle de crypto comme si c’était un jeu vidéo. En Afrique de l’Ouest, on l’utilise pour acheter du riz. C’est ça la différence.